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Ca n'a rien à voir avec le cinéma mais vous
pouvez voir ici quelques photos de mon périple sur le transsibérien entre Moscou et Oulan Bator, et aussi des photos d'Ouzbekistan, ça vous donnera un bol d'air frais !

 
 
A l'origine
Il arrive que des acteurs portent un film d'un bout à l'autre.
Dans A l'origine, c'est exactement l'inverse : François Cluzet saborde le film du début à la fin.
Le film est basé sur des faits réels : un escroc fait croire à toute une région qu'une autoroute abandonnée va bientôt être remise en construction. Il prend la tête du chantier et construit effectivement un bout d'autoroute, égrenant au passage fausses factures et chèques en bois.
Des faits réels qui deviennent non crédibles : Cluzet l'a fait ! Il commence par une heure de non jeu. C'est assez simple : il s'agit, quoiqu'il arrive (par exemple Emmanuelle Devos a envie de faire l'amour avec vous) d'afficher un masque impassible et buté, en prononçant le moins de paroles possible.
Comment un escroc peut il être escroc sans être un tout petit peu comédien ? On ne le saura pas (des images de Catch me if you can me traverse l'esprit, là au moins on y croyait). Dans un deuxième temps, il s'agit de faire croire que l'on croit aux sentiments, à la solidarité, etc... Solution de Cluzet : sourire à chaque plan (mais là Emmanuelle Devos s'en va, et on la comprend). C'est binaire, et on ne peut simplement pas y croire.
C'est d'autant plus dommage que le scénario en lui-même tenait la route et que les autres acteurs sont bons : Vincent Rottiers, dont on n'a pas fini de parler, Emmanuelle Devos (Ah...).
La fin du film est affligeante et sombre dans le pathétique franchouillard : visite improbable au siège de la société (comment peut il entrer et sortir en vêtement de chantier d'un immeuble de la Défense ?), accident de pelleteuse. Même un apprenti scénariste n'aurait pas transformé de petites ficelles en si grosses cordes.
La fin du film est en particulier pitoyable, on a même peine à en parler : Cluzet court au lever du soleil en brandissant son drapeau de fausse société comme à la guerre (la fameuse photo sur la guerre du Pacifique utilisée par Eastwood) , alors qu'une escouade d'opérette gendarmesque le poursuit (tout en le croisant !).
Du grand n'importe quoi. 
 
A l'origine - ma note pour ce film :
Réalisé par Xavier Giannoli
Avec François Cluzet, Emmanuelle Devos, Gérard Depardieu, ...
Année de production : 2008
Ghost dog
Le cinéma, c'est comme la cuisine : les bons ingrédients ne font pas forcément les meilleurs plats.
Exemple. Jarmusch est un réalisateur solide, RZA arrive à installer une bande son à tendance rap / trip hop assez plaisante, Whitaker est plein d'humanité, le contraste philosophie asiatique / clan mafieux décrépit / culture black pourrait être (d)étonnant, les scènes d'action sont bien tournées, il y a dans le film ces petites pincées de poésie qui pourraient le faire s'envoler (les pigeons, le bateau sur le toit, le Français du marchand de glace) : voilà, tout y est, mais la sauce ne prend pas, à cause notamment de quelques longueurs, quelques lourdeurs.
Mystère de la tambouille cinématographique.


 
Ghost Dog: la voie du samourai - ma note pour ce film :
Réalisé par Jim Jarmusch
Avec Forest Whitaker, John Tormey, Cliff Gorman, ...
Année de production : 1999
Top 2009 permanent
****
1 - Fish tank
2 - The wrestler
3 - Welcome
4 - Departures

***
5 - Les trois royaumes
6 - The chaser
7 - Slumdog millionnaire
8 - Looking for Eric
9 - Fausta
10 - L'étrange histoire de Benjamin button
11 - OSS 117 : Rio ne répond plus
12 - Etreintes brisées
13 - Un prophète
14 - Harvey Milk
15 - La vida loca
16 - A propos d'Elly
17 - Still walking
18 - Gran Torino
19 - Là-haut
20 - Le petit Nicolas

**
21 - Le ruban blanc
22 - Espion(s)

23 - Romaine par moins trente
24 - Non ma fille, tu n'iras pas danser
25 - Humpday
26 - Star trek
27 - Parking
28 - Good morning England
29 - Amerrika
30 - Mary and Max
31 - Ponyo sur la falaise
32 - Whatever works
33 - Inglourious basterds
34 - Sin nombre
35 - Tulpan

36 - L'age de glace 3
37 - District 9
38 - La journée de la jupe

*
39 - A l'origine
40 - Vengeance
41 - Bellamy
42 - Les noces rebelles
43 - Che (L'argentin)
44 - Lucky Luke
45 - Le chant des oiseaux

 
Red road
Les mots manquent pour parler d'un film tel que Red Road, tant la décharge émotionnelle qu'il procure est forte.

Ceux qui ont été ébloui par le deuxième film d'Andrea Arnold (Fish Tank) le seront aussi par le premier, même si Red Road est plus sombre, plus désespéré, et moins facilement accessible que Fish Tank.

Pendant la première heure du film, on suit Jackie, un peu paumée, employée dans une société de vidéo surveillance. Jackie regarde la vie des rues de Glasgow à travers ses caméras urbaines . Elle semble particulièrement s'intéresser à un homme, qu'elle n'a pas l'air de connaître. Elle va même passer "de l'autre côté du miroir" en rencontrant cet homme.

Pourquoi ?

Dans la dernière demi-heure du film, le scénario va s'épanouir comme une fleur carnivore malfaisante et la réalité - mortifère, belle, insupportable - va exploser comme une bombe à retardement.


La mise en scène est déjà exceptionnelle : méticuleuse et parfaitement travaillée, et en même temps traversée par une sensibilité et une sensualité remarquables. Des situations triviales, sublimées par la grâce de la caméra.

Deux films, deux réussites ****. Qui dit mieux ? 
 
Red Road - ma note pour ce film :
Réalisé par Andrea Arnold
Avec Kate Dickie, Nathalie Press, Andrew Armour, ...
Année de production : 2006
A propos d'Elly
Golshifteh Farahani. Memento Films DistributionA propos d'Elly est un film iranien ... qui n'a rien d'iranien. Je veux dire par là qu'il ne faut pas y chercher de messages politiques, de relations directes à l'actualité du pays, ni de filiation avec les pointures locales, comme Kiarostami.
Le début ressemble à n'importe quel film présentant plusieurs couples jeunes et leurs enfants partant en week-end : pique-nique improvisé, chacun joue un rôle, on sent vaguement que les relations entre les uns et les autres ne sont pas aussi simples que ça. Arrivée dans une maison déserte près de la mer Caspienne. On comprend qu'Elly a été invitée pour rencontrer Ahmad, jeune divorcé de retour d'Allemagne, et qui cherche une femme.
Les premières impressions que laissent le film sont très bonnes et seront confirmées par la suite : montage vif, mise en scène inspirée, scénario original et subtil, acteurs fournissant une remarquable prestation collective.
Puis, très vite : un drame. Un enfant manque de se noyer. Elly disparait. S'est elle noyée ? Est elle partie ? Pourquoi la mer ne rejette-t 'elle pas son corps ? Qui est-elle ? Qui est sa famille ? Ou est son sac à main ? Quelqu'un dans le groupe en sait il plus que les autres ? Qui est cet homme se prétendant son frère alors qu'elle est fille unique ? Toute la deuxième partieMemento Films Distribution du film déroule un canevas subtil, et assez machiavélique pour nous tenir en haleine.
La façon dont chaque personnage évolue est montrée avec une grande finesse psychologique, les rapports hommes / femmes dans la société iranienne contemporaine sont en particulier superbement illustrés.
Un film palpitant, passionnant à bien des égards, qui mérite son ours d'argent à Berlin.
 
A propos d'Elly - ma note pour ce film :
Réalisé par Asghar Farhadi
Avec Golshifteh Farahani, Taraneh Alidousti, Shahab Hosseyni, ...
Année de production : 2009
Marinela de la P7
 
Vertige d'être le premier à laisser une note sur un film !

Comme expliqué dans mon article sur California Dreamin', ce moyen métrage (45 mn) est offert dans l'édition DVD du film. Encore plus que California Dreamin' ce court format fait regretter la disparition de Cristian Nemescu.
Marinela est u
n bijou : à la fois tableau de moeurs, drame shakespearien, fable sur l'adolescence, reportage sur Bucarest. La mise en scène est inventive, pleine de personnalité. Le film me rappelle, par son format et sa densité, le Décalogue de Kieslowski.

Par curiosité, il faut noter les tics ou les thèmes qu'on retrouvera dans California : le saignement de nez, les perturbations du réseau électrique, le faux Elvis. 
 
Marinela de la P7 - ma note pour ce film :
Réalisé par Cristian Nemescu
Année de production : 2006
Sin nombre
Guillermo Villegas et Paulina Gaitan. Diaphana FilmsCurieusement le film commence par une scène qui renvoie par son sujet à la dernière de La vida loca : l'initiation d'un jeune enfant au sein d'une mara.
Je ne sais si c'est la comparaison avec le documentaire très fort de Christian Poveda, mais ce film américo-mexicain tourné à l'américaine m'a laissé assez froid, même s'il fait une preuve d'une efficacité narrative indiscutable.

Il parait plus long qu'il n'est, et si sa mise en scène est bien léchée, les ressorts mélodramatiques sont un peu trop gros pour emporter l'adhésion.
Pour ceux qui n'ont pas pu voir La vida loca, le film donne un aperçu de la violence qui règne dans ses gangs appelés mara, mais ne montre quasiment pas à quel point la mara est une micro société en soi.
A voir éventuellement.
 
Sin Nombre - ma note pour ce film :
Réalisé par Cary Fukunaga
Avec Edgar Flores, Paulina Gaitan, Kristian Ferrer, ...
Année de production : 2009
California dreamin'
Razvan Vasilescu. Temple FilmChristian Nemescu était un des réalisateurs les plus prometteurs du nouveau cinéma roumain, aux côtés de Christian Mungiu (4 mois, 3 semaines, 2 jours), Corneliu Porumbiu (20h08 à l'est de Bucarest) et Cristi Puiu (La mort de Dante Lazarescu). Il s'est malheureusement tué dans un accident de voiture en compagnie de son ingénieur du son, le 24 août 2006. Il était en train de finaliser le montage de California Dreamin'.

C'est donc un film inachevé que l'on peut voir aujourd'hui. Il faut supposer qu'au final le film aurait été un petit peu plus ramassé, les 2h35 actuelles donnant par moment un sentiment de dilution.
Le prétexte du film est assez curieux, bien que tiré d'une histoire vraie : un convoi américain transportant du matériel de communication vers le Kosovo en 1999 est stoppé par un chef de gare mauvais coucheur et borné. Les américains sont bloqués pendant 5 jours dans ce petit village roumain.
Un peu comme dans La visite de la Fanfare on assiste à l'intégration progressive d'un corps étranger dans un milieu qui n'est pas préparé à cette intrusion. Des relations interpersonnelles (amour, haine, curiosité, envie) vont se nouer entre les membres des deux groupes, et ces relations vont révéler les fractures profondes qui courent dans la micro-société du village (jalousie, haine, lutte de pouvoir, volonté de s'échapper).
Parfois presque burlesque, le film est habile, par moment brillant et servi par des acteurs remarquables : le chef de gare (Razvan Vasilescu, sorte de Marielle roumain, voir photo), et un vrai acteur hollywoodien dans le rôle du capitaine américain (Armand Assante).
Le film fut très bien accueilli, à titre posthume, à Cannes 2007. L'édition DVD permet de voir également le moyen métrage réalisé précédemment par Cristian Nemescu : Marinela de la P7, qui avait révélé Nemescu dans de nombreux festivals. L'histoire est celle d'un jeune garçon de 13 ans qui décide de voler un trolleybus pour impressionner une prostituée dont il est tombé amoureux.
 
California Dreamin' - ma note pour ce film :
Réalisé par Cristian Nemescu
Avec Armand Assante, Jamie Elman, Razvan Vasilescu, ...
Année de production : 2007
Le ruban blanc
Ulrich Tukur. Les Films du ParadoxeSi Haneke n'était pas l'ami (le mentor ?) d'Isabelle Huppert, présidente du jury, est ce que son pensum aurait décroché la Palme d'Or ?

Non, bien sûr. Un prophète et Fish Tank le surpassent à l'évidence.

Allez, je ne vais pas faire durer cette critique plus qu'il ne faut : le postulat de base est intellectuellement fort discutable. Haneke laisse penser (et les journalistes avec lui, qu'il ne contredit pas) que des mauvais traitements dans l'enfance peuvent engendrer des comportements de type sadique à l'âge adulte. Quelle idiotie ! Quel aveuglement ! Si tel était le cas, la moitié de l'Europe aurait sombré dans le fascisme tous les 50 ans ces 5 derniers siècles. Et à l'inverse, les bourreaux du Rwanda ou du Cambodge n'ont pas eu à subir à ce que je sache les tourments d'une éducation religieuse protestante rigoriste !


Pour le film lui-même :
- Points forts : des acteurs très bons, un noir et blanc magnifique (à tel point que par moment je me suis surpris à penser "mais à quoi sert la couleur ?")
- Points faibles : le reste. Un scénario ouvert qui laisse le spectateur sur sa faim, une mise en scène chichiteuse (laisser la caméra à un endroit fixe en laissant les personnages passer hors champ doit faire chic aux yeux de Haneke, car il le fait plusieurs fois, le temps de prendre un café peut-être), un montage indolent.  

Bref, à voir si vous ne voulez pas rater la Palme. Sinon...

 
Le Ruban blanc - ma note pour ce film :
Réalisé par Michael Haneke
Avec Christian Friedel, Ernst Jacobi, Leonie Benesch, ...
Année de production : 2009
Fish tank
Katie Jarvis. Holly HornerLe premier plan de Fish tank est déjà un bijou. Katie Jarvies est essouflée, elle vient de danser le hip hop dans un squat. C'est un plan fixe, en plongée, superbe.
Suit une première partie qui expose le cadre de l'intrigue : paysages urbains de banlieue, insultes et violences, misère affective et sexuelle. Mia a 15 ans, elle n'aime personne et personne ne l'aime, même pas sa mère, ni sa petite soeur.
Elle ne va plus en classe et doit être prochainement placée dans un centre spécialisé. Elles est le poisson rouge qui tourne dans son bocal. Seule la danse semble donner un sens à sa vie.

Puis sa mère ramène à la maison un amant charismatique, Connor (Michael Fassbender, encore excellent), qui va bouleverser le train train quotidien de la mère et des deux filles.

Le scénario de Fish tank commence comme du Mike Leigh pour évoluer vers une intrigue à la fois fine et perverse. Les pistes narratives ouvertes en début de film (le gitan et son cheval, l'audition, le placement en centre) se bouclent progressivement avec élégance. Le sujet principal du film, l'éducation sentimentale et sensuelle de Mia, se développe dans une direction tout à fait inattendue et évite les lieux communs (comme le basculement dans le mélo) avec brio.
Katie Jarvis est une boule de volonté et de sensibilité, elle est bouleversante, exceptionnelle. Elle ne danse pas si bien que ça, mais quand elle le fait c'est avec une telle détermination qu'on ne peut s'empêcher d'être touché. Fassbender dégage une aura similaire à celle d'un Viggo Mortensen dans les films de Cronenberg ou d'un Joaquin Phoenix.MK2 Diffusion

Enfin la mise en scène est extraordinaire. D'une sensualité, d'une élégance qui fait de Andrea Arnold le pendant féminin d'un James Gray. Elle réussit à rendre sensible la beauté de la nature (un vol d'oiseau, un ciel d'orage, une libellule) comme celle de la ville (une barre d'immeuble, des camions nacelles, des poteaux électriques) avec la même virtuosité. Le jeu des focales, des profondeurs de champ, les légers ralentis, les angles de prises de vue inattendus restituent les sentiments de Mia à la perfection.
L'art du montage y est aussi totalement maîtrisé, témoin cette scène superbe dans la maison de Connor, au moment où Mia réalise quelle est la vraie vie de Connor : on croirait du Hitchcock.


Un deuxième film seulement, et déjà un chef d'oeuvre : Andrea Arnold prend rendez-vous.
 
Fish Tank - ma note pour ce film :
Réalisé par Andrea Arnold
Avec Katie Jarvis, Kierston Wareing, Michael Fassbender, ...
Année de production : 2009
Good morning England
Nick Frost. StudioCanalPas d'analyse psychologique ou sociologique poussée dans Good morning England.
Simplement une comédie où chaque personnage est ultra-typé, ou les situations sont poussées à leur extrême sur un mode cartoonesque. Les méchants, ridicules et engoncés dans leurs conventions grisâtres d'un côté. Les gentils, ne vivant que pour le sexe, le fun et le rock de l'autre, risquant quelquefois jusqu'à leur vie sans qu'on croie un seul instant qu'il puisse leur arriver quelque chose de grave.
La libération que représentait le rock à l'époque est illustrée par une série de vignettes qui rythment le film et montrent le lien assez magique qui unit le DJ et ses auditeurs - sujet commun avec ... Good morning Vietnam.  
Pour effectuer autant de pirouettes sans tomber dans le ridicule, il fallait une brochette d'acteurs déjantés et crédibles à la fois, dont Philip Seymour Hoffman émerge, sidérant par sa capacité à changer radicalement de peau de film en film.
Pas un mauvais moment, avec une bande-son évidemment excellente.
 
Good Morning England - ma note pour ce film :
Réalisé par Richard Curtis
Avec Philip Seymour Hoffman, Rhys Ifans, Bill Nighy, ...
Année de production : 2009
Battlestar Galactica
Edward James Olmos. NBC UniversalSaison 4 (et dernière)

Comment inciter quelqu'un qui n'aime pas la science fiction à se lancer dans l'aventure du Battlestar Galactica, comme je viens de le faire, en dévorant dans la foulée les 4 saisons et le stand alone Razor ?

En soulignant d'abord que la série brasse des sujets bien éloignés de la science-fiction habituelle. Ici très peu de combats spatiaux par exemple. Les rares vaisseaux de guerre que vous verrez sont plus souvent en condition d'exercice qu'en phase d'engagement. Rien à voir avec Star Trek et Star Wars, donc. Pas d'aliens non plus, ni de paradoxe temporel. Battlestar Galactica est autant une série de SF que Hamlet est une pièce sur le royaume du Danemark.

Un thème cher à la SF constitue tout de même une thématique de la série : celui des robots. L'histoire débute juste après la destruction presque totale de l'humanité par les Cylons, robots conçus par cette même humanité. Les Cylons (ceux qui nous intéressent) se distinguent des Centurions (métalliques et conformes à l'image traditionnelle du robot) par une caractéristique tout
Tricia Helfer. NBC Universalà fait extraordinaire : on ne peut quasiment pas les distinguer des êtres humains, et ils peuvent se répliquer à l'infini, atteignant ainsi une sorte d'immortalité.
Un des principaux intérêts de la série réside dans cette interrogation latente, qui soutient un mystère remarquable jusqu'au tout derniers épisodes de la dernière saison : parmi les héros de la série qui est vraiment humain ? qui est Cylon ?


Evidemment les Cylons, qui s'avèrent être des ennemis incompréhensibles au tout début de la série, vont petit à petit être découverts par les humains.
Leurs secrets vont tomber, leur unité s'effriter, et certain(e)s s'uniront aux humains.


La réussite majeure de la série réside dans l'équilibre quasi parfait qu'elle arrive à maintenir entre le plaisir du mystère et de l'aventure (les Cylons comme les humains parcourent le cosmos à la recherche de la Terre) et les délices de la spéculation métaphysique et politique. La série a de ce point de vue l'immense mérite de ne pas reculer devant les questions complexes : l'immortalité, l'altérité, le racisme, l'amour, la trahison, la révolution (peut on tuer pour une cause juste ?), les alliances politiques, la religion (les Cylons sont monothéistes et les humains polythéistes), les regrets, la maladie, etc...
On a souvent comparé Battlestar à un "A la Maison Blanche (The West Wing)" de l'espace, de par la complexité des thèmes abordés. C'est en grande partie justifié et les images du camp de la saison 3 rappellent sans conteste des camps contemporains (à Gaza par exemple). L'ombre projetée du 11 septembre est également bien présente.


Si l'édifice improbable de la série - dont l'esthétique un peu ringarde peut rebuter et qui est en fait un remake d'une série mineure des années 70 - tient debout, c'est surtout grâce à une distribution exceptionnelle. L'amiral Adama (incarné par le charismatique James Edward Olmos), roc dans les tempêtes, est le symbole du pouvoir militaire. Son second alcoolique, Saul Tigh, et sa femme Ellen vont jouer un rôle majeur dans le développement de l'intrigue. La présidente Laura Roslin, institutrice projetée Présidente suite à l'apocalypse va lutter à la fois contre ses Mary McDonnell, Michael Hogan, Jamie Bamber, James Callis, Tricia Helfer, Katee Sackhoff, Michael Trucco, Aaron Douglas, Grace Park, Tahmoh Penikett & Edward James Olmos. NBC Universalennemis et son cancer avec un courage et une habileté remarquables. Tom Zarek est un leader politique révolutionnaire qui finira par sombrer dans les dérives extrémistes. Gaïus Baltar est le personnage le plus ambigu de la série, complexe, lâche, narcissique (exceptionnel James Callis). Ces personnages principaux sont entourés d'un multitude d'autres personnages qui auront, à un moment ou à un autre, un rôle à jouer dans la série (Lee Adama, Kara Thrace, Lieutenant Gaeta, Numéro 6, Sam, etc....).

La saga n'est peut-être pas tout à fait terminée puisque Bryan Singer (Usual Suspects) pourrait être aux commandes d'un film consacré à BSG, et qu'une série prequel (Caprica) arrive sur les écran américains en janvier 2010.


Un souffle de mystère et d'aventure qui balaye tous les épisodes, des thématiques
Lucy Lawless. NBC Universalriches et complexes, des personnages attachants et dont la personnalité évolue tout au long des quatre saisons : BSG place l'art de la série au plus haut niveau. Et comme souvent pour les toutes meilleures production de ce type, elle sait se terminer au bon moment, après 4 saisons denses et très différentes, par un final éblouissant.

So say we all. 

 
Battlestar Galactica - ma note pour cette série :
Série créée par Ronald D. Moore, Glen A. Larson
Avec Mary McDonnell, Dean Stockwell, Edward James Olmos, ...
Nationalité : américaine
Le petit Nicolas
Valérie Lemercier et Kad Merad. Wild Bunch DistributionLe petit Nicolas pouvait échouer de bien des façons. En étant trop respectueux de son modèle, en tentant une reconstitution poussiéreuse de l'époque, ou en en essayant d'inventer un style fait de bric et de broc (comme le calamiteux Lucky Luke, à ne pas voir).
Le film échappe à tous ces pièges de brillante façon. Le scénario, qui entremêle les histoires, tient debout.
Le casting est réellement épatant. Kad Merad et Valérie Lemercier sont très bien tous les deux, les enfants aussi. Sandrine Kiberlain trouve (enfin ?) un rôle qui lui va comme un gant. Les seconds rôles sont parfaits.
Mais ce qui fait la réussite du film c'est sûrement la patte d'Alain Chabat dans le scénario et les dialogues : il n'y a vraiment que lui pour retranscrire à l'écran la concision, la verve et le second degré de Goscinny. L'idée de faire figurer l'espace d'un plan Gérard Jugnot en chef de chorale doit être de lui, par exemple.
Le film pourra être jugé un peu trop sage par certains, mais je trouve pour ma part qu'il trouve son équilibre entre émotion, inventions visuelles, comédie et tableau de moeurs. Avec en plus un générique magnifique et un pré-générique particulièrement réussis.

Un excellent divertissement pour ceux qui ont des enfants en âge de lire les histoires de Sempé et Goscinny, qui change agréablement des dessins animés habituels.  
 
Le Petit Nicolas - ma note pour ce film :
Réalisé par Laurent Tirard
Avec Maxime Godart, Valérie Lemercier, Kad Merad, ...
Année de production : 2008
La vida loca
Christian Poveda, le réalisateur de La vida loca, a été tué d'une balle dans la tête début septembre au Salvador. Il avait 54 ans, était fin connaisseur de l'Amérique Latine.
Cela faisait des années qu'il travaillait à son documentaire sur les gangs du Salvador (les "maras"), dont les membres sont outrageusement tatoués.


C'est donc en quelque sorte en sa mémoire que j'ai été voir le film, et évidemment, il m'est difficile d'en parler sans prendre en compte sa tragique disparition.

Des cadavres, il y en a dans le film. Des vrais, hommes, femmes, ados. Filmés dans la rue comme on les trouvent après la fusillade, en train d'être empaquetés dans de vulgaires sacs poubelles, à la morgue, dans des cercueils. Le film est d'abord un coup de poing qu'il faut accepter. Un projectile extrait de l'oeil crevé d'une
femme, les larmes d'une autre femme qui apprend en direct la mort de son mec, la douleur d'une mère lors d'un enterrement, des blessures montrées en gros plan. Toute cette mort, cette chair, cette souffrance est filmée de front, sans perspective, sans commentaire. C'est assez déstabilisant.

Puis petit à petit des histoires se dessinent : une jeune
Ciné Classicfemme accouche et explore le mystère de sa propre naissance, un jeune homme est interné et se convertit au christianisme sous la pression d'évangélisateurs américains, une organisation humanitaire tente de réinsérer les membres du gang.
Des thématiques émergent aussi. Le gang comme début et comme fin de tout, comme religion, comme ultime lieu de solidarité et de réalisation de soi.
La brièveté de la vie y est aussi palpable, avec son aspect dérisoire, fatal, absurde (à aucun moment nous ne voyons les ennemis des bandes rivales). Le destin de l'un des personnages principaux va nous le faire sentir brutalement.


Finalement le film révèle de l'intérieur une société autonome, dont les valeurs et la morale sont auto-porteuses, et sur laquelle la société "extérieure" n'a que peu de prise. Par un tour de force qui montre l'intensité du film, les juges et policiers finissent par paraître anormaux, étranges. Nous sommes finalement devenus au fil des images des membres de la 18 : la dernière scène  montre une intronisation pour le moins brutale.
Qui est peut-être la nôtre.

 
La Vida Loca - ma note pour ce film :
Réalisé par Christian Poveda
Année de production : 2008
Mary and Max
Gaumont DistributionMary and Max est un objet cinématographique assez inhabituel. Sorte de Wallace et Gromit sous Lexomyl.
Voici l'intrigue : une jeune australienne, dont le père est taxidermiste de chats estropiés (pour ses loisirs, mieux vaut taire son travail) et la mère alcoolique et kleptomane (entre autre), est laide, solitaire, mal aimée. Elle écrit à un certain Max Horowitz, juif athée de New York, un peu par hasard.
Va s'en suivre une vie de correspondance, avec son lot de drames, de bonheur, de rebondissements. Max est obèse et atteint d'une maladie appelée le syndrome d'Asperger (ça existe, j'ai cherché sur Google), quelque chose dans le spectre de l'autisme. Il sera donc question de psy, d'électrochocs, de thérapies, de numéros de lotos gagnants et de poissons rouges.
Les passages en Australie sont marrons, ceux à New York gris. Tous cela est éminemment macabre (il y a beaucoup de morts), passablement anxyogène, et malgré tout curieusement léger.
On imagine le réalisateur, Adam Elliot, dont c'est le premier long métrage, ayant mûrement et longuement réfléchi son projet. Au final les trouvailles sont multiples, quelquefois très bien vues, mais leur énumération peut tourner au catalogue.
Il manque un je ne sais quoi pour que le film emporte définitivement l'adhésion : un surcroît de noirceur, une spontanéité plus libérée.
 
Mary et Max. - ma note pour ce film :
Réalisé par Adam Elliot
Avec Toni Collette, Philip Seymour Hoffman, Eric Bana, ...
Année de production : 2008
Harvey Milk
James Franco et Sean Penn. SND L'ayant raté à sa sortie en salle, je récupère le coup en DVD.
Autant le dire tout le suite le film tient debout grâce à l'interprétation absolument exceptionnelle de Sean Penn. Dégageant une énergie phénoménale, une conscience de soi et de son avenir d'une profondeur vertigineuse, Penn réussit à nous faire aimer et admirer son personnage. Il parcourt les différents registres (politicien avisé, fofolle amoureuse, leader charismatique et courageux) avec une facilité incroyable. Les autres acteurs sont au diapason, tous touchant et convainquant, avec une mention spéciale pour les deux mecs de Harvey.
L'aspect documentaire du film est très intéressant aussi, il permet de voir fonctionner ce qu'est finalement le coeur de la démocratie américaine. La mise en scène de Van Sant est très neutre, sans aucun des effets appuyés de ses films précédents, sauf quelques ralentis. L'utilisation de vraies fausses images d'archives est assez bien vues. A certains moments un très beau plan nous rappelle que le réalisateur n'est pas n'importe qui, je pense par exemple aux reflets dans le sifflet tombé à terre. Plus qu'au niveau de la mise en scène c'est dans la thématique du destin en marche et de la mort annoncée qu'on retrouve le style Van Sant.
Enfin, l'histoire d'amour qui court tout le long du film (cf photo ci-dessus) est assez belle et touchante, il n'est pas si courant de voir des relations amoureuses gay - pas seulement sexuelles - aussi bien montrées.
Un film intéressant, même s'il manque peut-être un peu de rythme.    
 
Harvey Milk - ma note pour ce film :
Réalisé par Gus Van Sant
Avec Sean Penn, Josh Brolin, Emile Hirsch, ...
Année de production : 2008
Humpday
Alycia Delmore. Pyramide DistributionUn homme marié reçoit en pleine nuit la visite d'un vieux copain perdu de vue, aussi routard et bohême que lui est "rangé". Au cour d'une soirée arrosée chez des bobos/artistes notre jeune mari fume et boit un peu trop. Il fait le pari (stupide) de tourner un porno avec son vieux copain dans le cadre de la Hump Fest, un festival à la con où chacun peut mater des films amateurs pornos avant qu'ils soient détruits le soir même.
Le lendemain, une fois desaoûlés (c'est dur à écrire ça) que vont faire nos deux compères (par ailleurs totalement hétéros) ? Laisser tomber ? Ou persister dans leur projet ? Et si oui, pourquoi ?
1-pour le plaisir de jouer et de se mettre en danger
2-pour solder toute pulsion homo potentielle
3-par vanité macho de ne pas céder
4-pour se trouver vraiment, en tant que personne
5-pour enfin mener un projet au bout
6-pour enterrer d'une certaine façon sa "vie de garçon"

Ah Ah, vous voudriez bien savoir comment cela se finit, et le cas échéant, qui se tape qui ? Eh bien, je ne vous le dirai pas, ça gâcherait le plaisir. Un plaisir simple, porté par Joshua Leonard et Mark Duplass. Pyramide Distributiondes acteurs inconnus ou presque, très convaincants, la femme du mari en particulier (voir photo). On s'affranchira des montages approximatifs, des cadres mal cadrés, pour apprécier la véracité cassavetienne des dialogues et des situations. Une vraie tendresse et un charme discret émane de ce film, pas un chef-d'oeuvre OK, mais une sorte d'ovni dans le paysage du film indépendant américain. Qui ne laisse que de bons souvenirs, et une impression douce amère, pas désagréable du tout.
 
Humpday - ma note pour ce film :
Réalisé par Lynn Shelton
Avec Mark Duplass, Joshua Leonard, Alycia Delmore, ...
Année de production : 2009
Lucky Luke (en présence de Jean Dujardin et James Huth)
Avant première de Lucky Luke à l'UGC Atlantis de Nantes ce soir.Sylvie Testud. Christine Tamalet 
On y va en famille, principalement pour voir Jean Dujardin en vrai. Ce dernier est cool, chaussures noires, jean, blouson de cuir noir, chemise blanche, dents étincelantes et sourire ravageur. Conforme à l'image que l'on peut s'en faire. Huth en basket, jean, T-shirt. Les deux plaisantent avec la salle, n'hésitent pas à chambrer un peu, se laissent aller à une séquence de photos et autographes.

Dans leur intervention on sent comme une justification. Dujardin explique bien qu'il faut prendre le film au premier degré, que c'est un "vrai" film, que Huth est un "vrai" réalisateur. A un moment il avoue que Lucky Luke n'est pas drôle comme personnage. Huth raconte comment il était heureux de tourner en Argentine, et nous annonce qu'on va en avoir pour notre argent de paysages. Bref, ça pue un peu.

Les deux concluent par un prémonitoire : "Si vous aimez le film dites-le, si vous ne l'aimez pas, dites aux gens d'y aller quand même".

Et ben non, je suis honnête moi, je dis la vérité.
Le film est en effet pas loin de la catastrophe. Sans trop détailler, parce qu'il ne sert à rien d'être cruel, mais quand même : le scénario c'est du grand n'importe quoi, la mise en scène est tape à l'oeil au possible. Le plus triste, ce sont les acteurs. Dujardin joue comme il le dit au premier degré un Lucky Luke absolument pas crédible. On repense à ses brillantes performances au second degré, en particulier dans le dernier OSS. Le reste de la distribution ne vaut pas grand chose, à part peut-être Sylvie Testud.


Huth filme les paysages argentins comme des Découvertes du Monde, et semble faire joujou avec ses décors en carton pâte. Il passe d'un style à l'autre sans suite dans les idées : privates jokes (son nom écrit sur un mur, Lucky Luke en lettrage Hollywood, référence à Dutronc), quelques touches d'humour décalé quand même (les ongles de pieds, l'escargot), des allusions directes à la BD, une sorte de final psychédélique (on pense au Joker de Batman en moins bien) et 5 secondes de dialogue brillant (le "je vais lui agrandir son trou de balle").

OK. Je résume. Un gros gloubi-boulga indigeste, sans queue ni tête, probablement un des pires films de l'année. C'est clair ? 
 
Lucky Luke - ma note pour ce film :
Réalisé par James Huth
Avec Jean Dujardin, Michaël Youn, Sylvie Testud, ...
Année de production : 2009
Indigènes
Sami Bouajila. Mars Distribution Il y a deux façons de considérer un film comme Indigènes.
La première est cynique. Elle consiste à brocarder les bons sentiments, à ricaner des effets marqués du scénario, à gloser sur le jeu trop sage des acteurs, à caricaturer les quelques maladresses de mise en scène.
La seconde est empathique. Elle entrera en résonance avec le jeu habité de Debbouze et des autres acteurs (pas loin d'être collectivement parfaits), et vantera les mérites du final alsacien, très beau dans sa lenteur "Désert des Tartares", dans son progressif et inéluctable refroidissement.
C'est un peu court comme analyse, allez vous me dire. Oui, mais c'est comme ça. Et moi j'ai plutôt penché vers la deuxième solution, d'autant plus que le film gagne en sobriété en avançant, jusqu'à un final étrangement elliptique et rudement émouvant.
Rachid Bouchareb aurait en projet de tourner une suite à Indigènes : parviendra-t'il à garder cette sorte d'état de grâce ?
A suivre.

 
Indigènes - ma note pour ce film :

Année de production : 2006
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